72. Imaginamouration

Amour? Un échange équitable d’énergie entre deux êtres: plus on reçoit, plus on donne. Amour? Un carburant  renouvelable qui nous permet d’atteindre Vénus sans effort: plus on donne, plus on reçoit.

La perception de cette énergie affecte nos sentiments bien qu’elle échappe à nos sens. Désir est constamment généré et assouvi en même temps. Un désir « solaire », dirait Tournier, « sans perte ni bavure ». Un désir immatériel sans cesse assouvi et renouvelé, à ne pas confondre avec Sexe, même si les deux aiment à se combiner.

Là où il n’est plus possible de suivre Tournier, c’est lorsqu’il conçoit Amour sans objet. Un tel degré d’abstraction me dépasse complètement. Si tel était le cas, lorsque j’enseigne à une classe motivée et qu’elle me transmet l’énergie qui me pousse à aller plus loin avec elle sur un plan intellectuel, ce serait Amour aussi? Si le sentiment de bien-être est effectivement présent, il n’est pas comparable à celui que j’éprouverais pour l’être chéri. Peut-être qu’Amour se loge à l’orée du sensuel et de l’intellectuel, mais il est identifié et singulier.

Peut-on encore parler d’Amour s’il n’y a pas d’objet? On est proche de la combinaison Sexe et Désir. Certes, les magazines et les films pornos ont disparu, mais les sites en ligne prospèrent. Le « virtual meat market » répond à la notion d’Amour sans objet de Tournier, le « solaire » en moins, tant il est terre à terre, stérile et mécanique, avec perte et bavure.

Amour ne peut donc s’exprimer que s’il est généré par une personne sur laquelle Désir se fixe. Du moins, c’est ainsi que les choses devraient se passer, mais il arrive qu’Amour soit généré par une personne et que Désir se fixe sur un autre objet. Dans Le Garçon étroit, ou le Bâtard de Dorian Gray, Yari Gordan en sait quelque chose (cf. 70. Infiltration): Jennie suscite Amour mais Désir demeure enchaîné dans la forge lubrique des corps luisants. Les névroses dont Yari souffre expliquent en partie cette trahison muette.

La présence de l’être aimé n’est pas capitale. Le regard génère une image qui est ensuite conservée et fantasmée. Cette image est récupérée à l’infini. Après qu’il a fait la rencontre de Kohami, lors de sa détention dans un hôpital psychiatrique, Yari Gordan laisse ses mains courir le long de son corps la nuit en pensant à lui. Amour et Sexe se combinent alors en l’absence de l’être aimé. Nouvelle trahison? Certes, c’est imparfait, mais toujours plus gratifiant que le voyeurisme anonyme en ligne car l’être sevré fait appel à Imagination.

71. Spacexcès

Major Tom to ground control
Falcon Heavy’s in a fix
Spinning in a deep black hole
No oxygen the clock ticks
Wave to Earth from the porthole
Send my wife the last few pics

Que vient faire Tesla dans cette galère? On aurait pu penser qu’en voulant construire des voitures électriques, l’entreprise était animée par une passion écologique. Que nenni. Non seulement l’entreprise s’offre un coup de pub en envoyant une voiture encombrer l’espace – exportation de nos problèmes – mais en plus, elle utilise la fusée Falcon Heavy (Space X) dont le carburant est à base d’oxygène et de méthane liquide, un hydrocarbure non renouvelable. Pourquoi ne pas utiliser le Cosmogol du professeur Shadoko?

Abracadabra
Tesla es-tu là

Envoyer
A la masse
Une auto
Pour l’ego
A la casse
Un déchet
Dans l’espace
Pour l’espèce
Une bite
En orbite
Pour la frime
Une mouche
Sur la toile
Pour la rime
Un hochet
Un hoquet

Un buzz

Pchitt
Pfff

 

70. Infiltration

Yari Gordan, dans Le Garçon étroit, ou le Bâtard de Dorian Gray, ne conduit pas sa vie; il la vit sans la mener. Comme le ruisseau se jette dans la rivière, la rivière dans le fleuve, le fleuve dans la mer, il suit sans résistance le courant, contourne les obstacles, creuse son lit – sa tombe, peut-être – avant de se perdre corps et âme dans l’immensité. En refusant de choisir, de surmonter les obstacles, en vivant par défaut, il s’en remet – sourd et aveugle – à son destin.

Il fait la rencontre de Jennifer à Londres, mais c’est elle qui le remarque et fera le premier pas. Même si l’on suppose qu’il n’est pas indifférent à son regard et à ses commentaires dans la marge de ses travaux, Il est difficile de mesurer ce que Yari éprouve à son égard. En remarquant qu’elle le remarque, ne voit-il pas dans son regard son propre regard? Ne flatte-t-elle pas l’ego de Narcisse?

Elle l’embrasse; il ne la repousse pas. Ils partagent le même lit; il laisse faire les choses, n’émet aucune réticence. Elle ne représente pas un obstacle; il se laisse entraîner par le courant, comme le ruisseau se jette dans la rivière, la rivière dans le fleuve… Peut-être qu’il l’aime, ou peut-être voit-il simplement l’occasion de se débarrasser de son pucelage.

(Autant le pucelage est vertueux chez la femme, autant il est considéré comme dégradant chez l’homme. Réminiscence de son animalité? Possible. Le mâle dans le règne animal n’est-il pas destiné à procréer? Quant à la femelle, ne doit-elle pas se réserver pour le mâle dominant?)

La perpétuation de l’espèce humaine est aujourd’hui comme l’épave rouillée d’une voiture sur la berge, embourbée dans le cycle hormonal et l’instinct. L’homme et la femme ne s’intéressent plus qu’à la cerise sur le gateau – le plaisir – qui les emporte comme le ruisseau se jette dans la rivière, la rivière dans le fleuve… L’incitation biologique est morte; la seule motivation sexuelle est le plaisir. Personne ne s’en plaindra.

Si Jennie ne laisse pas Yari indifférent, elle ne comble que partiellement ses désirs équivoques. L’insensibilité qu’il ressent fréquemment, « l’engourdissement des sens », comme il l’appelle, est le symptôme muet de ce manque, de cette frustration qui ne trouve pas sa voix. Malgré six ans passés ensemble, le décalage entre ses fantasmes et leur relation ne se comble pas; pire, leur relation cristallise les « orgies industrielles » ou « partouzes mécaniques » qui hantent ses rêves.

Jennie n’a aucun impact sur la vie intérieure de Yari. Est-ce parce que la vie rêvée est plus puissante que la vie « réelle »? Plus hermétique, étanche, imperméable? Pas nécessairement; la rencontre entre Yari et Kohami en est la preuve. L’impression que laissera ce dernier sur son esprit infiltrera jusqu’à sa vie intérieure, comme le ruisseau se jette dans la rivière, la rivière dans le fleuve…

69. Extinction

Stupéfait, je me suis aperçu l’autre jour qu’en tapant le mot démocratie plusieurs fois, mon traitement de texte – dictatorial et têtu – me corrigeait à chaque reprise et écrivait le mot décorait à la place. La démocratie: une décoration? Un mot obsolète?

A lire et à écouter la presse, une démocratie aujourd’hui se définit par son président. Une démocratie rayonne ou décline à cause de lui. Et moi, et moi et moi?

Les médias sont pendus aux lèvres de l’idole. Les médias raffolent des paillettes et du strass, de l’événement politique, parce qu’il change chaque jour (chaque minute si l’on commente les tweets de certains). Le lecteur, l’auditeur ou le spectateur n’est jamais rassasié; il ne s’intéresse pas aux hommes mais à l’homme: le politicien, la star, le criminel, le grand industriel, le sportif. A l’homme d’exception.

Il faut dire que la réalité quotidienne est moins glamour, moins aisée à appréhender, plus inerte, plus confuse aussi. Elle n’est pas photogénique, clairement audible; elle se construit patiemment dans l’ombre et le silence, loin des caméras. C’est pourtant le socle et le coeur d’une démocratie.

Vouloir croire et nous faire croire qu’un dirigeant fait la pluie et le beau temps, qu’il a carte blanche, qu’il peut engager le crédit d’un pays sur le tapis vert d’un casino va à l’encontre de la notion de démocratie. Nos démocraties sont-elles encore aux mains du peuple si la voix d’un dirigeant – plus audible que la somme de voix d’un peuple entier – n’est pas à l’unisson? Vox populi vox Dei du bluff?

Je ne souhaite pas perdre ma voix en la donnant à un candidat; dans sa voix je dois entendre le choeur du peuple. Même si peut-être que nos démocraties sont des mirages en manque de rêveurs, se fier au rêve solitaire d’un candidat, jouer à pile ou face, n’est pas raisonnable. Au lieu de se gargariser des belles paroles des dirigeants, les médias devraient les écouter moins souvent, interroger l’homme de la rue, afin que le rêve ne tourne pas au cauchemar.

La démocratie une décoration? Le lapsus de mon traitement de texte me rappelle que rien n’est jamais acquis.

68. Obsole(science)

Nothing lasts forever, of that I’m sure.
(Bryan Ferry)

Ce soir, je suis bien décidé à réécrire l’Histoire ou à prophétiser l’Histoire, ce qui n’est (malheureusement) pas difficile à faire dans les deux cas, comme vous allez le voir.

Année 2011: imaginons d’abord que Steve Jobs, qui s’est débarrassé de ses actions Apple avant de mourir, décide de reprogrammer le système d’obsolescence programmée des IPhone dans le but de rendre inutilisable tous les produits Apple au moment de sa mort: quel formidable baroud d’honneur aux effets incalculables …

Année 2015: imaginons maintenant que l’ancien patron de VW, Martin Winterkorn, souffre de dépression depuis des années. Quand il « découvre » le scandale du dieselgate en regardant la télévision, à court d’antidépresseurs, avant de se donner la mort, il manipule les puces électroniques servant à tromper les contrôles antipollution, de sorte que le moteur explose dès qu’un conducteur tourne la clef de contact…

Année 2019: imaginons enfin un président américain mégalomane qui apprend par son médecin qu’il est en phase terminale d’un cancer généralisé (soigneusement caché à la population américaine, of course). N’ayant ni femme ni enfant, il se dit qu’il n’a rien à perdre. A la manière des pharaons qui ensevelissaient leurs proches et serviteurs avec leur dépouille, il appuie sur le bouton rouge…

Bien sûr, tout cela n’est que fiction inconsistante, divertissement hollywoodien, scenario-catastrophe, dystopie, car enfin, n’oublions pas, l’électeur que nous sommes, le client que nous sommes, est ROI (Rudement Optimiste et Idiot).

67. Impri(meurt)

Grâce à Anne Cunéo, j’ai découvert dans Le Maître de Garamond, le monde de l’imprimerie. Rédigé dans un langage clair, ce roman historique m’a permis de mieux comprendre les craintes et les espoirs qui animaient les Humanistes de la Renaissance.

Sang d’encre

dans l’esprit des brebis, les beaux écris s’impriment
En latin et en grec, en français même riment.
L’oeil humaniste a faim d’encre et de poinçons frais,
De textes épurés lisibles d’un seul trait.

Sort un Socrate en grec des presses d’Augereau,
Vierge comme une huile, doux comme du sureau.
« Virgules et accents, soit, mais où sont les gloses? »
Tonne le bon Béda au bord de la névrose.

La Sorbonne affolée au nabot s’en remet;
Rassembler le troupeau, sa mission désormais.
Le pastoureau bossu brandit haut sa houlette
Contre les éditeurs qu’il veut réduire en miettes.

Dans l’aurore glacée, les fidèles se signent;
Aux portes des placards attisent un feu indigne.
Soufflant sur les braises, Béda lâche ses loups
Et l’encre fait couler de Montreuil à Saint-Cloud.

Comme une plume au vent, le roi regarde ailleurs.
Marguerite à l’abri, son éditeur a peur.
Le Miroir à l’index, la reine imprenable,
L’humaniste devient le dindon de la fable.

L’hérétique au bûcher est conduit sans attendre.
Le feu réduit son corps et ses livres en cendres.
Comme autant de phoenix, ils prennent leur essor,
Eclairent les esprits du royaume des morts.

66. Je

J’affectionne le “je” de narration. Peut-être parce que j’aime les récits fantastiques, mais ce type de narration est souvent déroutant pour le lecteur. Dans une narration à la troisième personne, il n’est pas rare que le lecteur prenne le narrateur pour l’auteur dont le point de vue n’est pas nécessairement le même. Alors imaginez la confusion que peut engendrer une narration en “je”: c’est la Trinité! Le lecteur distrait pense que le narrateur est le personnage et l’auteur.

La narration interne en “je” est aussi un défi pour l’auteur. Comme dans une narration externe en “il”, l’écrivain crée un personnage, se glisse dans sa peau et épouse une logique et un raisonnement qui ne sont pas les siens. Cependant, à la différence d’une narration externe, en insufflant une vie fictive propre à son personnage, il ne peut à aucun moment s’en distancer par le truchement du narrateur, puisque narrateur et personnage ne font qu’un. Mais est-ce vrai? Rarement. En effet, dans la plupart des nouvelles fantastiques, le narrateur raconte un passage de sa vie qui s’est déroulé il y a fort longtemps; il a tellement changé que l’homme qu’il était alors – le personnage de son récit – est comme un étranger qui ne pense plus ni n’agit comme lui. Transformation de Mary Shelley est un bon exemple, ainsi que la plupart des nouvelles de Maupassant.

Il arrive, cependant, que la distance entre le personnage et le narrateur soit très réduite, comme dans Le Garçon étroit ou Le Bâtard de Dorian Gray. Il en résulte que l’auteur doit faire son poing dans sa poche car il ne  peut émettre une opinion sur le personnage via le narrateur. Sans voix dissonantes, l’illusion est parfaite: l’auteur doit être le personnage-narrateur.

Comment détromper le lecteur? Il est rare qu’un auteur n’éprouve pas de la tendresse à l’égard de son personnage principal, même s’il est truffé de défauts, comme Yari Gordan. En fait, plus celui-ci est vulnérable, plus il le couvrira d’amour, comme une mère protège son enfant souffreteux. Dans son infinie bonté, il dotera sa créature d’une profondeur qui lui permettra de prendre du recul. Ce recul, le personnage l’emploiera naturellement à l’introspection. L’autocritique permet alors à une autre voix de se glisser subrepticement dans le récit en “je”. Ainsi naît – par intermittence – le monologue dialogique!

Dans Le Garçon étroit, ou Le Bâtard de Dorian Gray, Yari Gordan ne cesse de s’interroger. Ce n’est pas Bernard dans Thérèse Desqueyroux, monolithique et imperméable, c’est Thérèse qui ne cesse de douter. Autant Thérèse est un être morcelé, autant Bernard est un être entier. Yari, lui, est écartelé.

65. Vide

Envoyer son manuscrit, après des mois de peaufinage et de relectures, est un acte froid. A la poste, j’ai connu le stress devant la machine à tout faire. Elle pèse l’épaisse enveloppe jaune au gramme près, multiplie et distribue les timbres au centime près, lit ma carte de crédit et mon code avec une suspicion programmée et finit par déglutir à contrecoeur les quatorze timbres à coller sur les enveloppes.

Grand a été mon soulagement de quitter ce lieu robotisé et déshumanisé, bien plus grand que celui d’avoir achevé mon roman. Cela justifie-t-il ce vide et cette insensibilité que j’éprouve à l’égard de l’envoi de mon rejeton?

Je ne peux oublier les heures délicieuses passées « entre soi » à affiner cet ouvrage, à tendre vers une perfection élusive, un mieux, faute du meilleur. Cette tentative d’épuration et d’élévation n’est jamais vaine, même si l’ouvrage l’est (je ne peux en être juge). En fin de compte, le long processus de création, le cheminement chaotique de la pensée qui bute sur chaque mot est plus important que le produit fini.

Certes, comme tout le monde j’attends de la reconnaissance, mais en attendre des grandes maisons d’édition est utopique. Mon manuscrit sera noyé dans la masse, emporté dans un tourbillon de feuilles froissées et déchiqueté par les dents du broyeur à papier. Compte tenu du nombre restreint – mais déjà trop nombreux – de places disponibles, la concurrence sera impitoyable.

Cette pensée devrait me faire frémir; cela me laisse froid, insensible, vide. En envoyant mon rejeton se faire écorner à des kilomètres d’ici, je peux à nouveau goûter – pour un temps – à ces plaisirs simples de la vie qui ne demandent pas de talent particulier: jardiner, me promener avec Léo, écouter d’une oreille critique la présentation d’Emmy sur le Mali, traverser la ville endormie et guetter l’aube le coeur battant…

Pour un temps. Pourquoi n’est-ce pas suffisant?

64. Sénile

Amis Terriens,
Des éthers je vous écris
Loin des conflits et des migrations
Je vous écris et vous plains
Il est des nuits sans aube

L’autre jour
Mon cratère je labourais
Dans la paix et l’apesanteur lunaire
Lorsque j’ouïs l’écho d’un aboiement
De la planète bleue

Mon télescope je pointai
Sur la cour des grands
Pendant la récréation
Ils comparaient leur bouton
C’était à celui qui urinerait le plus loin

Chien jaune comptait ses amis
Et tweetait son génie les lèvres pincées
A l’écran Mini Me jubilait
En caressant un obus
Et la vieille speakerine en kimono

A Time Square
La neige recouvre la rumeur
La Californie brûle
Une à une les étoiles s’éteignent
Et personne pour les remplacer

Jeune encore
Aux mains des vieux
La Terre meurt
Viagra a remplacé Vénus
L’urine l’encre et la matière grise

Il est des nuits sans aube

63. Trumpty

“Humpty Dumpty sat on a wall.”

Le bon roi a suivi l’étoile jusqu’à Jérusalem, mais n’a pas trouvé la force d’aller plus loin. Essoufflé, il s’est assis sur le mur. Il a déposé la boîte de Pandore au pied du moïse – berceau des religions – et soufflé sur les braises pour se réchauffer.

“Humpty Dumpty had a great fall.”

Le calendrier de l’Avent a épuisé ses surprises; la hotte vide, le bon roi est rentré au Pôle Nord avant le réchauffement climatique. Dans sa tour, il s’est muré, pensant échapper à la mort rouge. Mais l’ours bipolaire et l’âne de la crèche ont ébranlé la tour, et l’éléphant sacré est tombé sur l’échiquier mat du Congrès comme un fruit trop mûr.

“All the king’s horses and all the king’s men
Couldn’t put Humpty Dumpty together again.”

Criant au complot, ses partisans sont montés sur leurs grands chevaux pour escorter jusqu’au tombeau le pachyderme en morceaux. Tweet, tweet. Dans le cortège, le danseur étoile David fait des pointes. Adolph – chaud partisan – le croise et lui tend les gants pour réchauffer ses mains et ses pieds gammés. blizzard, blizzard. Entre quatre murs repose le cercueil du bon roi. Le peuple endeuillé en profite pour faire le pont.